Cinéma et séries
Industrie américaine sous pression
Aux États-Unis, le rachat de Warner Bros. par Paramount, approuvé par le ministère de la Justice, suscite un front de contestation. La Croix rapporte que plusieurs organisations ont engagé des procédures, redoutant une concentration dommageable pour la concurrence et la diversité des productions.
Le débat sur l’intelligence artificielle gagne aussi les studios : Pixar lance Toy Story 5, dont les personnages affrontent la technologie, tandis que les métiers de l’animation s’interrogent sur leur propre avenir face à l’IA, observe Der Spiegel. Elon Musk promet de son côté, via Grok Imagine, une adaptation intégralement générée par IA de L’Odyssée avant la fin de l’année ; The Guardian souligne que le projet est présenté comme « historiquement fidèle » au texte d’Homère.
Festivals : Sarajevo, Venise et Montréal en éclaireurs
Le Festival du film de Sarajevo a constitué son jury de compétition : l’actrice britannique Emily Watson le présidera, entourée notamment des cinéastes Athina Rachel Tsangari, de Grèce, et Igor Bezinović, de Croatie, ainsi que de l’actrice macédonienne Sara Klimoska. Variety y voit un jury ancré dans les circulations du cinéma européen contemporain.
À Venise, la section indépendante Venice Days ouvrira avec My Notes on Mars, premier long métrage en anglais de la réalisatrice hongroise Lili Horvát, avec Mackenzie Davis et Rupert Friend. La sélection accueille également des films portés par Mia Wasikowska, Catherine Deneuve et Rupert Friend, selon The Hollywood Reporter.
À Montréal, le marché Frontières du Festival Fantasia met de l’avant Third Wheel, coproduction entre l’Afrique du Sud et les Pays-Bas. Le projet de Totem Zea et PRPL se présente comme une allégorie de l’Afrique postcoloniale à travers les codes du cinéma de genre, rapporte Variety.
Asie : l’action comme langue transnationale
Le Japonais Tak Sakaguchi rejoint l’Indonésien Iko Uwais dans Pendekar: Warrior. Pour Sakaguchi, figure culte du cinéma d’action japonais, il s’agit d’un premier grand rôle international ; Variety présente ce face-à-face comme un rapprochement significatif entre les scènes martiales japonaise et indonésienne.
Musique
Une voix historique du saxophone disparaît
Le saxophoniste américain Plas Johnson est mort à 94 ans. Connu dans le monde entier pour le thème de La Panthère rose, il avait aussi joué sur des enregistrements de Frank Sinatra, B.B. King, Joni Mitchell, Marvin Gaye et des Beach Boys, rappelle Rolling Stone. Son parcours relie le jazz de studio, la musique de film et l’âge d’or de la pop californienne.
Le classique entre répertoire et débat public
Aux Proms de Londres, la violoniste sud-coréenne Sueye Park a marqué ses débuts dans le Concerto pour violon de Sibelius, avant un concert nocturne du Jupiter Ensemble dirigé par le luthiste français Thomas Dunford. The Guardian salue la poésie du jeu de Park et l’énergie de l’ensemble.
En Allemagne, le retrait par la chaîne ZDF d’une prestation du musicien Danger Dan et du pianiste Igor Levit, autour d’une chanson qualifiée d’antifasciste, a provoqué une réponse immédiate : les artistes ont diffusé un concert improvisé sur YouTube. The Hollywood Reporter rapporte que la décision du diffuseur est dénoncée par ses détracteurs comme un signal préoccupant pour la liberté d’expression.
Littérature et idées
Le livre devient un objet de désir social
Clubs de lecture de célébrités, références littéraires dans la mode et multiplication des contenus consacrés aux livres : The Guardian décrit la montée d’une « littérature glamour », où la lecture devient un signe d’appartenance autant qu’une pratique culturelle. Le phénomène élargit la visibilité des œuvres, tout en posant la question d’une consommation accélérée et prescriptive des livres.
Colson Whitehead, retour à Harlem
Le dernier volet de la trilogie de Harlem de l’écrivain américain Colson Whitehead paraît cette semaine. The New Yorker propose de relire l’ensemble de son œuvre, qui traverse les héritages de l’esclavage, les violences raciales, la satire sociale et l’histoire urbaine des États-Unis.
Arts visuels et patrimoine
La Tate confie sa direction à Jessica Morgan
La Britannique Jessica Morgan, qui dirige depuis plus de dix ans la Dia Art Foundation de New York, prendra la tête du réseau Tate en janvier 2027, succédant à Maria Balshaw. The Art Newspaper précise que ce retour à Londres intervient à un moment délicat pour l’institution, confrontée aux enjeux de financement, de fréquentation et de renouvellement de ses collections.
La Biennale de Venise privée d’un financement européen
La Commission européenne retire une subvention de 2 millions d’euros à la Biennale de Venise après la controverse liée au retour du pavillon russe, ensuite fermé au public. Selon The Art Newspaper, Bruxelles estime que les événements financés par les contribuables européens doivent défendre des valeurs démocratiques incompatibles avec la politique actuelle de la Russie.
Lisbonne et Paris : collections réouvertes, œuvres retrouvées
À Lisbonne, le Museu Calouste Gulbenkian a rouvert le 18 juillet après d’importants travaux, retrouvant l’esprit moderniste de son architecture d’origine tout en revalorisant ses collections allant de l’Antiquité au XXe siècle, indique The Art Newspaper.
En France, le musée des Beaux-Arts de Besançon reçoit L’Acrobate au violon, une estampe de Marc Chagall datant de 1924, saisie à la frontière suisse en 2006. Le Figaro rapporte que les douanes ont remis l’œuvre à l’institution après vingt ans de procédure.
Scène et spectacle vivant
Broadway s’inquiète après la fermeture de Jellicle Ball
La fermeture de Jellicle Ball, relecture immersive de Cats, ravive les inquiétudes sur Broadway. The Hollywood Reporter relève que la hausse des coûts de production et l’évolution des comportements du public fragilisent le modèle économique des grandes comédies musicales, même lorsqu’elles bénéficient d’une forte visibilité critique.
Salzbourg, entre création et crise de gouvernance
Le Festival de Salzbourg s’ouvre dans un climat tendu, où les conflits de pouvoir semblent prendre le pas sur le débat artistique. FAZ décrit une programmation à l’imaginaire provocateur et une institution confrontée à une incertitude qui dépasse la seule saison lyrique.
Ici et là-bas
À Montréal, L.A. Tea Time de Sophie Bédard Marcotte arrive comme un objet libre, porté par une odyssée féminine et un goût revendiqué pour l’inclassable ; Radio-Canada y voit une œuvre iconoclaste et vivifiante. À Sarajevo, la composition du jury du prochain festival affirme, elle aussi, une autre idée du cinéma international : moins dominée par les seuls centres industriels, davantage attentive aux voix des Balkans, de la Méditerranée et des périphéries créatives.






















