Des urnes aux ultimatums : la démocratie à l'épreuve, de Montréal à Addis-Abeba
En ce lundi 5 octobre, plusieurs scrutins, décidés ou en cours, rappellent une même question : que vaut le vote quand la confiance s'effrite ? Tour d'horizon d'une journée politique où la légitimité électorale est partout sous tension.
Europe : Pedro Sánchez joue la carte des urnes
En Espagne, le premier ministre socialiste Pedro Sánchez a convoqué lundi des élections anticipées pour le 29 novembre, soit plusieurs mois avant l'échéance prévue à la mi-2027. Selon France 24, il a choisi ce moment après le rejet, la semaine dernière, de propositions visant à répondre à la crise du logement. Le Monde souligne qu'il espère ainsi reprendre l'initiative et clore une législature minée par les scandales, face à une contestation sociale nourrie par le coût des loyers.
Le pari est classique : en l'absence de majorité stable, retourner devant les électeurs. Reste à savoir si la colère liée au logement profitera au chef du gouvernement ou à ses adversaires.
À Paris, Le Figaro indique que l'ancien procureur américain Daniel Kahn, qui a instruit le dossier Alstom, sera invité en « grand témoin » à l'Assemblée nationale le 20 octobre. La rencontre portera sur le « nouvel équilibre des rapports de force » entre puissances, une manière d'ouvrir le débat sur l'extraterritorialité du droit américain.
Moyen-Orient : Israël, des élections sous le signe du 7-Octobre
Les Israéliens voteront le 27 octobre, pour la première fois depuis les attaques du 7-Octobre. Selon RFI, ce traumatisme occupe une grande place dans la campagne : proches d'ex-otages et familles de victimes exigent des réponses sur les failles de sécurité qui ont permis l'attaque. Des proches de victimes et d'ex-otages se sont d'ailleurs réunis pour réclamer l'ouverture d'une enquête officielle.
De son côté, Al Jazeera rapporte que le premier ministre Benjamin Netanyahou a posé aux électeurs un ultimatum : voter pour lui ou « voter pour la Palestine ». Une polarisation assumée, qui tente de ramener un scrutin chargé de reproches sur la sécurité vers un choix identitaire.
Par ailleurs, Sylvester Stallone, rapporte Le Journal de Québec, a pris ses distances avec Donald Trump en jugeant que « la guerre est horrible », en référence au conflit en Iran déclenché par le président américain.
Afrique : Abiy Ahmed reconduit, l'Afrique du Sud se détourne des urnes
En Éthiopie, selon Le Monde Afrique, Abiy Ahmed a été reconduit à la tête du gouvernement. Seul candidat, il a appelé les groupes armés à déposer les armes, tout en réaffirmant l'exigence d'un accès à la mer Rouge, qui attise les tensions avec l'Érythrée. Le contexte est celui d'une guerre au Tigré.
En Afrique du Sud, à un mois des élections locales du 4 novembre, le Daily Maverick relève que la majorité des électeurs admissibles semble prête à s'abstenir. Cette montée du « non-vote » est portée par la désillusion des jeunes, la méfiance envers les partis et les promesses non tenues.
Amérique du Nord : un Québec aux urnes, des États-Unis sous tension
Le Québec a voté aujourd'hui pour élire les 127 députés de l'Assemblée nationale. Cinq formations étaient en lice et, selon RFI, les indépendantistes partaient favoris. À mi-journée, près de 30 % des électeurs avaient déjà voté, malgré la pluie et le vent dans l'Est de la province. Les bureaux de scrutin fermaient à 20 h. Le débat sur le taux de participation, en baisse, et sur une éventuelle réforme du mode de scrutin, en vigueur depuis 1792, a animé la journée.
Ailleurs au pays, le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a admis des lacunes dans le contrôle de sécurité après l'arrestation en Belgique d'une stagiaire canadienne de l'OTAN, accusée d'espionnage. Le juge en chef Richard Wagner a pour sa part plaidé, à l'ouverture de l'année judiciaire, pour la protection des institutions démocratiques face à des pressions incessantes. Enfin, en Alberta, des séparatistes auraient discuté avec des républicains américains, ce qui inquiète un député conservateur à l'approche d'un référendum.
Aux États-Unis, Donald Trump a évoqué des « menaces » pour expliquer le rapatriement de bombardiers américains basés au Royaume-Uni, selon TVA Nouvelles. Il a aussi attribué la hausse du prix de l'essence aux attaques ukrainiennes contre la Russie, et non à la guerre contre l'Iran.
Amérique latine et Asie : journée sans mouvement notable
- Amérique latine : peu d'actualité politique marquante aujourd'hui dans notre veille.
- Asie : rien de saillant à signaler ce lundi sur le plan politique.
Ce qu'il faut retenir
- Le vote comme refuge ou comme défi : à Madrid comme en Israël, les dirigeants misent sur les urnes pour reprendre la main.
- La défiance grandit : abstention annoncée en Afrique du Sud, participation en recul au Québec, candidat unique en Éthiopie.
- La sécurité s'invite partout : failles du 7-Octobre, espionnage à l'OTAN, menaces contre des bases américaines.
Le fil conducteur de cette journée est simple : les démocraties continuent de voter, mais elles doivent désormais convaincre que le vote change quelque chose.







