Faits saillants
Le retour du pétrole au-dessus de 100 $US le baril ravive le risque inflationniste mondial. Les marchés actions américains reculaient mercredi, dans un mouvement déclenché par l’escalade de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Le Korea Times rapporte que le S&P 500 cédait 0,3 % et que le Dow Jones perdait 407 points en matinée; le Times of India signalait pour sa part un brut au-delà de 101 $US. La hausse énergétique accroît les coûts de transport, de production et de carburant pour les entreprises.
L’Union européenne veut privilégier ses entreprises dans les secteurs critiques. La Commission européenne a approuvé une norme orientant la commande publique vers les fournisseurs européens afin de renforcer la sécurité économique du bloc, selon El País. Cette orientation pourrait modifier les conditions d’accès des groupes étrangers aux marchés publics liés notamment aux technologies, aux infrastructures et aux chaînes d’approvisionnement stratégiques.
Le Japon bénéficie d’un net rebond du yen. La devise japonaise a gagné plus de 4,2 % en environ une semaine, à 152 yens pour un dollar, portée par l’anticipation d’un relèvement des taux de la Banque du Japon, rapporte Challenges. Une monnaie plus forte allège la facture des importations mais pèse potentiellement sur la compétitivité-prix des exportateurs nippons.
La Chine prépare une nouvelle opération majeure dans l’intelligence artificielle. Le laboratoire DeepSeek a retenu des banques, dont Citic Securities, en vue d’une introduction en Bourse domestique, selon des sources citées par le South China Morning Post. Le projet illustre l’intensification du financement des entreprises chinoises d’IA dans un secteur devenu central pour la souveraineté technologique.
En France, le débat budgétaire se concentre sur la pression fiscale des entreprises. Le premier ministre Sébastien Lecornu a promis aux dirigeants un « pacte de stabilité » et une baisse de la surtaxe sur les bénéfices, rapporte Challenges. Cette tentative d’apaisement intervient avant le budget, dans un contexte de préoccupations sur l’investissement et la compétitivité industrielle.
Commerce et négociations
Bruxelles renforce la préférence européenne. La nouvelle norme sur les achats publics vise à mieux ancrer les capacités industrielles critiques au sein de l’Union. Selon El País, la Commission considère que cette préférence doit consolider la sécurité économique européenne. Les fournisseurs nord-américains et asiatiques devront suivre de près ses modalités d’application, particulièrement lorsqu’ils concourent à des contrats publics européens.
Le partenariat Canada-UE reste un dossier à surveiller pour les entreprises québécoises. Un « nouveau partenariat » entre le Canada et l’Union européenne est en cours de mise en place et ne ressemblerait à aucun autre accord, a indiqué l’ambassadrice Geneviève Tuts, selon Les Affaires. Les détails opérationnels, notamment sur les secteurs couverts et les règles d’accès aux marchés, restent à préciser.
Au Moyen-Orient, la tension géopolitique devient un enjeu commercial immédiat. Le franchissement du seuil de 100 $US par le pétrole met sous pression les chaînes logistiques mondiales et les entreprises importatrices d’énergie. En parallèle, la Syrie et la Chine ont marqué 70 ans de relations diplomatiques, selon Arab News, un rappel de la continuité des liens de Pékin au Moyen-Orient.
En Amérique latine, aucune annonce commerciale régionale précise ne figure dans les informations disponibles aujourd’hui. Les entreprises exposées à la région doivent néanmoins intégrer l’effet indirect d’un pétrole plus cher sur les balances commerciales, les coûts de fret et les pressions inflationnistes des économies importatrices d’énergie.
Marchés et banques centrales
Wall Street corrige sous l’effet du choc pétrolier. La baisse des principaux indices traduit la révision à la hausse des risques d’inflation et de ralentissement des marges, selon le Korea Times. Les secteurs les plus sensibles aux coûts énergétiques et à la consommation pourraient demeurer volatils tant que les prix du brut restent élevés.
Le marché obligataire américain demeure sous tension. Les rendements des bons du Trésor ont augmenté après l’annonce d’un programme de rachats de 6 milliards de dollars jugé insuffisant par les investisseurs, rapporte Markets. La remontée des rendements renchérit les conditions de financement des entreprises et représente un facteur de prudence pour les actifs risqués.
Les anticipations monétaires divergent en Asie. Au Japon, les attentes de hausse de taux soutiennent le yen. En Corée du Sud, le gouvernement envisage de fournir un accès gratuit et illimité à l’intelligence artificielle, une expérience de service public numérique suivie à l’étranger, selon le Korea Times. Cette stratégie pourrait favoriser l’adoption technologique des ménages et des petites entreprises, tout en soulevant la question de son coût budgétaire.
En Europe, le débat porte sur la compétitivité et le financement. La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a publié une intervention consacrée au « choix » auquel font face les Européens, selon la BCE. Aucune nouvelle décision de taux n’est signalée dans les informations disponibles, mais la poussée pétrolière complique la trajectoire de désinflation.
Institutions et politique économique
La politique industrielle européenne gagne du terrain. La préférence accordée aux entreprises de l’UE dans les secteurs critiques rapproche la commande publique d’un instrument de résilience économique. Pour les groupes internationaux, l’enjeu sera d’évaluer si une implantation, des partenariats locaux ou une production européenne deviennent nécessaires pour préserver l’accès à certains appels d’offres.
Le climat des affaires français reste suspendu aux arbitrages budgétaires. La promesse d’alléger la surtaxe sur les bénéfices vise à répondre aux inquiétudes patronales, selon Challenges. Dans le même temps, la Cour des comptes juge mitigé le bilan de la taxe française sur les transactions financières : elle a généré plus de 2,5 milliards d’euros en 2025, mais 95 % des transactions en sont exonérées, toujours d’après Challenges.
Le Royaume-Uni fait face à une pression accrue sur la fiscalité bancaire. Jamie Dimon, dirigeant de JPMorgan Chase, a mis en garde le gouvernement britannique contre une hausse de la taxation des banques avant le budget d’octobre, rapporte The Guardian. Le dossier illustre la concurrence entre besoins de recettes publiques et maintien de l’attractivité des places financières.
En Afrique et au Moyen-Orient, l’énergie demeure le principal canal de transmission au climat des affaires mondial. La hausse du brut accroît les recettes potentielles des producteurs, mais elle détériore simultanément la visibilité des entreprises et des pays importateurs. Aucun nouvel indicateur du FMI, de l’OCDE ou de la Banque mondiale n’a été signalé dans les éléments disponibles ce mercredi.
À retenir
La séance est dominée par un choc énergétique qui pèse sur les actions, entretient les craintes inflationnistes et peut retarder l’assouplissement monétaire. Les entreprises doivent aussi suivre le durcissement de la préférence européenne dans les marchés publics, le renforcement du yen et les choix fiscaux à venir en France et au Royaume-Uni.

















