Faits saillants
Les marchés mondiaux débutent la semaine sous pression. À New York, le Nasdaq reculait de plus de 1 % en ouverture anticipée, entraîné par les fabricants de puces, tandis que le pétrole a franchi 108 $ US le baril sur fond d’inquiétudes concernant l’offre au Moyen-Orient, rapporte Quartz. La combinaison d’un choc énergétique et des doutes sur la poursuite de l’essor de l’intelligence artificielle accroît l’aversion au risque.
Le secteur de l’IA devient un risque de marché à part entière. Les avertissements de dirigeants d’OpenAI et d’Anthropic en faveur d’un ralentissement du développement des modèles les plus avancés font reculer les valeurs technologiques, notamment en Corée du Sud, selon Companies. Citigroup estime, cité par MarketWatch, qu’une pause dans les avancées des modèles pourrait entraîner des révisions baissières des bénéfices, moteur majeur de la hausse boursière cette année.
Le pétrole ravive les craintes inflationnistes. Le report d’une réunion entre l’Iran et les pays du Golfe portant sur la navigation dans le détroit a contribué à une hausse d’environ 4 % des cours, jusqu’à près de 109 $ US, rapporte Estadão. Au Royaume-Uni, les investisseurs anticipent un statu quo de la Banque d’Angleterre cette semaine, mais envisagent désormais une possible hausse des taux plus tard dans l’année, selon Markets.
Le Brésil veut capter davantage d’investissements dans les minerais critiques. Le pays a adopté une politique nationale destinée à accélérer la filière des terres rares, du graphite et du nickel, et à attirer les capitaux dans ces chaînes d’approvisionnement stratégiques, précise Challenges.
Au Nigeria, la raffinerie Dangote entre en Bourse à Lagos. Plus de quatre milliards d’actions doivent être proposées aux investisseurs dans le cadre d’une opération visant à lever jusqu’à un montant non précisé dans les informations disponibles, selon RFI. Cette cotation constitue un test pour la profondeur du marché financier nigérian et le financement des infrastructures industrielles africaines.
Commerce et négociations
Les perturbations maritimes au Moyen-Orient continuent de peser sur les flux énergétiques. Selon Markets, le blocage du détroit d’Ormuz modifie les anticipations sur le gaz naturel à l’approche de l’hiver, les opérateurs craignant une interruption prolongée. Le risque concerne en premier lieu l’énergie, davantage que l’ensemble des échanges de marchandises.
L’Iran redirige une partie de ses échanges vers ses ports du nord et les corridors terrestres face aux difficultés de navigation au sud. Ces itinéraires peuvent maintenir l’acheminement de biens essentiels, mais ne peuvent pas remplacer les capacités du transport maritime, analyse Deutsche Welle.
En Amérique latine, la stratégie brésilienne sur les minerais critiques vise à renforcer l’intégration locale dans les chaînes de valeur de la transition énergétique et des technologies numériques. Pour les industriels, l’enjeu sera la rapidité des permis, des infrastructures et des partenariats de transformation, au-delà de l’extraction.
En Europe, Essar a conclu une entente pour acquérir 118 stations-service britanniques. Cette opération intervient alors que BP et Shell se retirent progressivement du commerce de détail des carburants à l’échelle mondiale, rapporte Markets, et illustre la recomposition de la distribution énergétique.
Marchés et banques centrales
La baisse des titres liés aux semi-conducteurs se propage en Asie : le Kospi sud-coréen, fortement exposé aux technologies, recule dans le sillage de Wall Street, selon Companies. Les investisseurs réévaluent les valorisations d’un secteur porté jusqu’ici par la demande attendue en puissance de calcul.
Les rendez-vous des banques centrales constituent le principal catalyseur de la semaine. La Réserve fédérale américaine et la Banque du Japon doivent se réunir dans un contexte de tension sur le marché des obligations du Trésor américain; Markets indique que les marchés attendent des décisions de taux susceptibles d’influer sur les rendements et les devises.
Dans la zone euro, Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne, met l’accent sur le lien entre stabilité macroéconomique, discipline budgétaire et solidité financière dans un environnement marqué par les chocs, selon la BCE. Cette ligne souligne la vigilance des autorités face au retour des pressions énergétiques.
À Hong Kong, le fabricant de réseaux de calcul pour l’IA Ligent Technologies vise jusqu’à 5,7 milliards de dollars HK, soit environ 727 millions $ US, dans le cadre de son PAPE, rapporte Bloomberg. L’opération témoigne de l’appétit persistant pour les actifs d’infrastructure technologique malgré le recul des valeurs d’IA sur les marchés secondaires.
Institutions et politique économique
La politique industrielle brésilienne en matière de minerais critiques place l’accès au financement et l’attraction d’investisseurs au centre de la stratégie. Selon Challenges, le gouvernement cherche à transformer l’abondance géologique du pays en capacité industrielle, dans un marché mondial où les approvisionnements sont devenus un enjeu de souveraineté économique.
À Hong Kong, le secrétaire aux Finances Paul Chan estime que l’économie des aînés pourrait représenter 500 milliards de dollars HK, soit 63,8 milliards $ US, en 2034. Il appelle les entreprises de soins aux personnes âgées à déployer davantage de technologies et à explorer de nouveaux segments, rapporte le South China Morning Post.
En Europe, Euronext se dit ouverte à une opération d’envergure avec Deutsche Börse. Son directeur général, Stéphane Boujnah, inscrit cette hypothèse dans la volonté des autorités européennes de rendre les marchés de capitaux du continent plus compétitifs, selon Markets. Une consolidation pourrait améliorer la capacité de financement des entreprises, mais soulèverait aussi des questions de concurrence et de gouvernance.
En Espagne, la banque numérique Revolut affirme avoir dépassé sept millions de clients et veut approfondir sa relation avec eux, rapporte El País. Cette expansion confirme la pression concurrentielle exercée par les plateformes financières sur les banques établies dans les services de paiement, d’épargne et de crédit.
À retenir
La séance est dominée par un double risque : un pétrole plus cher, qui peut relancer l’inflation et retarder l’assouplissement monétaire, et une remise en question des valorisations de l’IA. Les entreprises exposées aux semi-conducteurs, à l’énergie, au fret maritime et aux minerais critiques seront particulièrement suivies, tandis que les réunions de la Fed, de la Banque du Japon et de la Banque d’Angleterre guideront les marchés obligataires et les devises.


















