Cinéma et séries
Zurich, carrefour de l'industrie
Le Zurich Film Festival et son Summit sont au centre de l'actualité professionnelle de ce samedi. Le PDG de l'Académie des Oscars, Bill Kramer, y a défendu le passage de la cérémonie sur YouTube. Selon The Hollywood Reporter, il promet « des Oscars bien différents » et estime que la plateforme donne à l'Académie « plus de contrôle » sur sa relation avec les cinéphiles. Au même sommet, Roeg Sutherland, de l'agence CAA, a cité le film espagnol La Bola Negra comme motif d'optimisme sur le marché international. Variety rapporte qu'il juge qu'il y a aujourd'hui « plus d'argent en circulation que jamais ».
Le jeune cinéaste Kane Parsons est venu parler du passage au grand écran de sa série YouTube culte Backrooms, sans exclure une suite. The Hollywood Reporter relève qu'il assume vouloir montrer comment Hollywood aurait pu « gâcher » le concept. Autre visage de Zurich, Anthony Ippolito est pressenti aux Oscars pour son rôle du jeune Sylvester Stallone. Variety lui consacre un portrait. Stallone lui-même se livre au New York Times sur son enfance difficile et ses erreurs de parcours.
L'Europe du Nord et l'Allemagne en vedette
La Finlande fournit deux exclusivités à Variety. La comédie à succès 100 litres d'or, candidate finlandaise aux Oscars l'an dernier, aura une suite, 200 litres d'or, annoncée comme « un peu plus sombre, un peu plus drôle ». La réalisatrice finno-somalienne Naima Mohamud voit par ailleurs son premier long métrage, Halima, sacré meilleur projet de fiction à la Finnish Film Affair. Elle y défend la nécessité d'un tel récit dans le paysage finlandais.
Côté allemand, Variety juge que Fatih Akin n'est « pas au sommet de son art » avec la romance surnaturelle Ghost Song, tout en saluant la beauté de ses fantômes. Au Filmfest Hamburg, le 20e épisode du polar Nachtschicht de Lars Becker a été acclamé. Le FAZ Feuilleton s'inquiète toutefois d'une annonce de l'acteur Armin Rohde qui laisse planer le doute sur l'avenir de la série.
En France, Emmanuel Marre sort Notre salut, inspiré du passé de son arrière-grand-père, fonctionnaire sous Vichy. Il explique au Monde avoir voulu « se mettre dans le présent de l'histoire ». Sur Mubi, la série documentaire Jay-Z in 8, réalisée par Rick Rubin, suit le rappeur qui décortique ses morceaux.
Musique
Le pianiste montréalais Jean-Michel Blais lance Mirador, son quatrième album. La Presse y entend un voyage « exubérant » entre chorale et rythmes latino-américains, loin de son registre néoclassique habituel. L'artiste promet une prochaine tournée « gigantesque ».
Le monde de la synth-pop perd Pete Byrne, voix du duo britannique Naked Eyes, mort à 74 ans. Il avait porté le tube Always Something There to Remind Me sur MTV dans les années 1980.
En Allemagne, le patron de la ZDF, Norbert Himmler, a défendu devant le conseil de télévision l'annulation de la prestation du rappeur Danger Dan dans l'émission satirique Die Anstalt. Selon le FAZ Feuilleton, la chaîne craignait qu'une chanson soit comprise comme un appel à la violence.
Littérature et idées
L'écrivain ukrainien Artur Dron publie en allemand Hemingway hat keine Ahnung (« Hemingway n'y connaît rien »), déjà un succès en Ukraine. Il affirme au FAZ Feuilleton qu'il faut « trouver notre propre langage pour parler de la guerre », en rupture avec la littérature antiguerre du XXe siècle. Le même journal salue Orca de Franziska Gänsler, finaliste du Deutscher Buchpreis, qui observe un groupe de militants climatiques à travers les yeux d'une figure secondaire. Il se montre plus réservé sur la traduction allemande du roman de Karine Tuil, dont le héros emprunte à plusieurs ex-présidents réels.
Au Québec, La Presse salue La fille de, récit « bouleversant » de Joanne Comte-Btesh sur son père chanteur populaire. Le quotidien rapporte aussi le malaise né autour de C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien, sur fond de controverse liée à l'intelligence artificielle, au collège John Abbott.
Arts visuels et patrimoine
Archéologie : Rome refait surface
Sous l'Hôtel-Dieu, près de Notre-Dame de Paris, des archéologues ont mis au jour un mur d'une vingtaine de mètres. Selon elDiario.es, il pourrait aider à localiser la Lutèce décrite par Jules César, une énigme vieille de 2 000 ans. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, un prospecteur muni d'un détecteur de métaux a découvert un trésor « inestimable » de 934 deniers d'argent de l'époque d'Hadrien. Le Figaro souligne que cette pratique, légale dans ce Land, révulse les archéologues.
Musées et expositions
À Milwaukee, un musée a restitué à ses descendants deux jarres de David Drake, potier esclave de Caroline du Sud, tout en les gardant exposées. Le New York Times relève un mouvement croissant de restitutions de son œuvre. Au Guggenheim de New York, Taryn Simon interroge patriotisme et patriarcat à travers la carrière d'un agent anonyme du FBI. Le New Yorker y consacre une analyse, tandis qu'Hyperallergic juge l'enquête « incomplète ».
À Montréal, le MBAM accueille les installations monumentales de fils de la Japonaise Chiharu Shiota, une exposition très attendue selon La Presse. Le Figaro publie par ailleurs en exclusivité un palmarès des 100 peintures à voir une fois dans sa vie, établi par une soixantaine de conservateurs, commissaires-priseurs et galeristes.
Scène et spectacle vivant
Au Théâtre de l'Atelier, à Paris, Sandrine Bonnaire s'empare de 4.48 Psychose, dernier texte de Sarah Kane. Le Monde décrit une comédienne qui « frôle les enfers ». À Cologne, le Schauspiel rouvre après une rénovation de l'opéra et du théâtre chiffrée à 1,5 milliard d'euros. Der Spiegel ironise sur une revue d'inauguration aux blagues « bon marché ».
À Montréal, Manuel Tadros fête 50 ans de carrière en tête d'affiche de Georges à La Licorne. À New York, James Austin Johnson, connu pour son imitation de Trump à SNL, tente de montrer l'étendue de son talent dans un nouveau spectacle d'humour, rapporte le New York Times.
Courants croisés
La Finlande et l'Allemagne racontent chacune ce que devient une société à travers son écran. Avec Halima, Naima Mohamud fait entrer la diaspora somalienne dans un cinéma finlandais longtemps homogène. Fatih Akin, enfant de l'immigration turque, a ouvert cette voie outre-Rhin il y a vingt ans. Mais le climat allemand s'est durci, comme le montrent l'affaire Danger Dan et les chroniques inquiètes du FAZ. La même question traverse les deux scènes : quelle place une culture nationale accorde-t-elle à ceux qui la réinventent ?





















