Lanaudière

Catherine Gentilcore, députée de Terrebonne, hérite de l'Immigration et du dossier de l'indépendance

Nommée vice-première ministre et leader parlementaire, la députée de Terrebonne cumule aussi l'Immigration, l'Intégration et l'accession à l'indépendance. Un portefeuille chargé, qui touche Lanaudière de près.

Catherine Gentilcore, députée de Terrebonne, hérite de l'Immigration et du dossier de l'indépendance

Un cumul de responsabilités peu banal

Le nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon a dévoilé son conseil des ministres cette semaine, et l'une des nominations retient particulièrement l'attention dans Lanaudière : celle de la députée de Terrebonne, Catherine Gentilcore. Selon Mon Joliette, elle devient vice-première ministre et leader parlementaire du gouvernement. Elle sera aussi ministre de l'Immigration et de l'Intégration, ainsi que ministre responsable de l'accession du Québec à l'indépendance.

Ce cumul est inhabituel. Mon Joliette rapporte que le premier ministre a choisi de s'appuyer sur ses élus les plus chevronnés pour occuper les postes clés. Marie-Karlynn Laflamme, réélue dans Chicoutimi, hérite de la Santé, tandis que Joël Arseneau, réélu aux Îles-de-la-Madeleine, prend l'Éducation. Mme Gentilcore, elle, se voit confier non pas un, mais plusieurs leviers du gouvernement.

Ce que l'on sait avec certitude, à ce stade, se limite à ces informations : les titres, la répartition des portefeuilles et le principe de nomination des élus d'expérience. Les détails des mandats précis, les lettres de mission et les orientations qui accompagneront ces fonctions n'étaient pas encore publics dans les informations dont nous disposons. Il serait donc prématuré de prêter au gouvernement des intentions que l'on n'a pas vues écrites.

Trois fonctions, trois logiques différentes

Pour bien mesurer ce que représente cette nomination, il faut distinguer les rôles qu'elle regroupe.

La vice-première ministre est, dans la tradition parlementaire de type britannique, la personne appelée à suppléer le chef du gouvernement lorsque celui-ci est absent. C'est un titre de confiance politique plus qu'une attribution administrative, mais il place son titulaire au cœur de la hiérarchie du conseil des ministres.

Le leader parlementaire du gouvernement occupe une fonction moins visible du grand public, mais décisive. Il organise le travail du gouvernement à l'Assemblée nationale : l'ordre d'appel des projets de loi, les négociations avec les partis d'opposition sur le calendrier des débats, la gestion du temps parlementaire. Un bon leader parlementaire fait avancer le programme législatif, un mauvais le laisse s'enliser. C'est un poste de stratège et de négociatrice.

La ministre de l'Immigration et de l'Intégration dirige un ministère dont les responsabilités sont, au Québec, singulièrement étendues. Par des ententes avec Ottawa conclues depuis des décennies, notamment l'Accord Canada-Québec relatif à l'immigration et à l'admission temporaire des aubains de 1991, la province exerce des pouvoirs importants en matière de sélection des immigrants économiques, d'accueil et d'intégration. Les seuils d'immigration, les programmes de sélection et les services de francisation relèvent de ce portefeuille, dans un cadre où le fédéral conserve toutefois la compétence sur la citoyenneté, les réfugiés et l'immigration temporaire dans une large mesure.

Le dossier de l'accession à l'indépendance, enfin, est le plus singulier. Mon Joliette indique qu'il est confié à la même ministre, ce qui lui donne une portée à la fois politique et institutionnelle. Sans détails publiés sur les mandats rattachés à cette fonction, on ne peut qu'observer qu'elle figure explicitement dans l'intitulé de la nomination.

Pourquoi ces trois responsabilités se côtoient

On aurait tort de voir dans ce regroupement un simple hasard d'organigramme. L'immigration est, depuis longtemps, l'un des sujets où se croisent les questions de compétences entre Québec et Ottawa, de langue et de démographie. Réunir ce portefeuille et celui de l'accession à l'indépendance sous une même direction laisse entendre que le gouvernement entend les traiter de façon articulée. Reste à savoir comment, et cela, seuls les mandats officiels et les premières décisions le diront.

Le poste de leader parlementaire ajoute une dimension pratique : la même personne devra à la fois défendre des dossiers lourds en commission et en Chambre, et orchestrer l'ensemble du programme législatif de son gouvernement. La charge de travail s'annonce considérable, et c'est précisément ce que le choix d'une élue d'expérience cherche à compenser.

Terrebonne et Lanaudière au centre de l'attention

Pour la région, la nomination a une portée concrète. Terrebonne, l'une des villes les plus populeuses de Lanaudière, voit sa députée accéder à un rang élevé du conseil des ministres. Une ministre qui connaît le terrain d'une circonscription de banlieue en forte croissance peut, en principe, être sensible aux enjeux d'accueil, de services et d'intégration qui s'y posent. Mais il faut rester prudent : une présence au conseil des ministres ne garantit pas, en soi, des retombées régionales, et rien dans les informations disponibles n'annonce de mesures propres à Lanaudière.

La région compte par ailleurs un tissu communautaire actif, comme en témoigne la Semaine nationale de l'action communautaire, soulignée par la Table régionale des organismes communautaires autonomes de Lanaudière, selon Mon Joliette. Ces organismes sont souvent en première ligne pour l'accueil et l'accompagnement de nouveaux arrivants. La manière dont le ministère de l'Immigration financera et soutiendra ce type de ressources sera, à l'avenir, un indicateur à surveiller.

Ce qu'il faudra surveiller

Plusieurs éléments permettront, dans les semaines à venir, de mesurer la portée réelle de cette nomination :

  • Les lettres de mission et les premières orientations publiques du ministère, qui préciseront les priorités.
  • Les seuils d'immigration pour les prochaines années, traditionnellement annoncés dans un plan pluriannuel.
  • Le calendrier parlementaire, que la leader du gouvernement devra bâtir et négocier avec l'opposition.
  • La manière dont le dossier de l'indépendance sera concrètement structuré : équipe, budget, mandat.

Pour l'heure, la nomination de Catherine Gentilcore relève d'un signal politique fort plus que d'un programme détaillé. Les prochains jours diront si ce cumul de fonctions se traduit en orientations claires, ou s'il reste d'abord un choix de personnes. Dans l'intervalle, l'information fiable se résume à ce qu'ont rapporté Mon Joliette et les autres médias couvrant la formation du gouvernement : des titres, une hiérarchie et un pari sur l'expérience.