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Christine Lagarde quittera la BCE le 7 février 2027 : la course à la succession s'ouvre

La Banque centrale européenne a annoncé le 29 octobre le départ de Christine Lagarde le 7 février 2027. Faute de détails vérifiables, l'essentiel se joue désormais sur le choix de sa succession.

Christine Lagarde quittera la BCE le 7 février 2027 : la course à la succession s'ouvre

Le communiqué publié le 29 octobre sur le site de la Banque centrale européenne est sobre : la présidente de l'institution, Christine Lagarde, quittera son poste le 7 février 2027. Le document, dont seul le titre figurait parmi les éléments à ma disposition, ne permet pas ici de citer ses motifs ni le calendrier officiel de la succession. Cet article s'en tient donc à ce qui est établi, à ce que le mandat de la présidente éclaire de l'histoire de l'institution, et à ce qui se joue maintenant.

Ce que l'on sait, et ce que l'on ignore

La date du 7 février 2027 est confirmée par la BCE elle-même, dans un communiqué daté du 29 octobre 2026. C'est le seul fait que je peux rapporter avec certitude à partir de la source officielle consultée. Je n'ai pas pu vérifier le contenu détaillé du communiqué, ni les réactions des gouvernements de la zone euro, ni le nom d'éventuels favoris pour la relève. Les spéculations qui circulent déjà sur ces points ne seront donc pas reprises ici : en matière de nominations à la tête d'une banque centrale, les pronostics d'avant-annonce se sont souvent révélés faux.

Une chose frappe toutefois : l'écart entre la date de l'annonce et celle du départ, soit un peu plus de trois mois. Ce délai laisse une marge aux chefs d'État et de gouvernement de la zone euro pour s'entendre, sans toutefois leur offrir le luxe du temps. La vacance de la présidence d'une institution qui fixe les taux d'intérêt pour une vingtaine de pays est un scénario que les marchés n'aiment pas voir s'éterniser.

Un mandat de huit ans, non renouvelable

Pour comprendre l'enjeu, il faut rappeler les règles du jeu. La présidence de la BCE obéit à un mandat de huit ans, non renouvelable, prévu par les traités européens. Christine Lagarde, ancienne ministre française de l'Économie et ancienne directrice générale du Fonds monétaire international, a pris la tête de la banque en novembre 2019, succédant à l'Italien Mario Draghi. Son mandat devait donc normalement s'achever à l'automne 2027. Un départ en février 2027 signifie qu'elle ne le mènera pas à son terme, d'environ neuf mois. Je ne peux pas, à partir des éléments dont je dispose, en indiquer la raison.

Sa présidence a été marquée par une succession de chocs inédits : la pandémie de COVID-19, la guerre en Ukraine, la flambée de l'inflation de 2022 et le cycle de hausses de taux le plus rapide de l'histoire de l'euro. Elle a aussi été jugée à l'aune de ses erreurs, notamment l'incapacité de la banque, comme de beaucoup d'autres, à anticiper la persistance de l'inflation. Le bilan est donc contrasté, et c'est précisément ce bilan que son successeur héritera.

Pourquoi cette succession compte au-delà de Francfort

La BCE n'est pas une banque centrale comme les autres. Elle sert vingt États membres, aux économies et aux traditions budgétaires très différentes, et son président doit composer avec un Conseil des gouverneurs où siègent les patrons des banques centrales nationales. Le choix d'une personnalité n'y est jamais purement technique : il est aussi un équilibre entre pays du Nord et du Sud, entre « faucons » partisans de la rigueur monétaire et « colombes » plus attentives à la croissance et à l'emploi.

Le contexte économique rend l'exercice délicat. Les fiches de résultats des grandes banques de la région en donnent une image nuancée. Selon Cinco Días, le groupe espagnol BBVA a réalisé un bénéfice de 9,066 milliards d'euros entre janvier et septembre, en hausse de 13,6 %, tandis que son action reculait pourtant d'environ 5 % le jour de la publication. Le même quotidien rapporte que Sabadell, de son côté, voit son bénéfice des neuf premiers mois reculer de 1 %, à 1,376 milliard, alors que la banque cherche à surmonter l'après-offre publique d'achat de BBVA. Ces chiffres illustrent un secteur bancaire rentable, mais sensible aux évolutions de taux : un domaine où la ligne que fixera la prochaine présidence aura des effets concrets.

Un environnement international sous tension

Le prochain dirigeant de la BCE prendra les commandes dans un climat géopolitique et énergétique instable. Les prix des carburants en offrent un exemple parlant, même s'il vient d'ailleurs. Selon Meduza, citant le Wall Street Journal et l'Association américaine de l'automobile, le prix du carburant aux États-Unis a encore grimpé de sept cents après l'annonce d'une entente sur le diesel avec la Russie, pour atteindre 6,35 dollars le gallon (environ 3,8 litres). L'énergie reste donc un facteur d'inflation majeur, et la zone euro, grande importatrice, n'est pas à l'abri de ce type de secousses.

S'y ajoute la tension entre Washington et Téhéran. RFI rapporte, en s'appuyant sur le Wall Street Journal, que le vice-président américain J.D. Vance a adressé une lettre à Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, afin de tenter de relancer les négociations et d'écarter de nouvelles frappes américaines. Une escalade dans le Golfe aurait des répercussions immédiates sur les cours du pétrole, donc sur l'inflation européenne et sur les décisions de la banque centrale. Le futur président ou la future présidente héritera d'une économie dont les prix dépendent de crises qu'elle ne contrôle pas.

L'euro face à la montée du yuan

Un autre dossier de fond attend la relève : la place de l'euro dans le système monétaire mondial. Le South China Morning Post consacre une série à ce qu'il appelle la mondialisation de la monnaie chinoise. Sans entrer dans le détail de ces articles, que je n'ai pas pu consulter intégralement, le simple fait que la presse de Hong Kong en fasse un thème récurrent rappelle que le yuan cherche à gagner du terrain dans les échanges et les réserves de change. Pour la BCE, qui défend depuis longtemps le rôle international de l'euro comme deuxième monnaie de réserve mondiale, cette concurrence monétaire est un sujet stratégique, au même titre que le projet d'euro numérique.

La course à la succession : ce qu'il faut surveiller

Le processus de nomination est connu dans ses grandes lignes. Les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro, réunis au sein du Conseil européen, désignent le candidat à la majorité qualifiée, après consultation du Parlement européen et du Conseil des gouverneurs de la BCE. En pratique, les marchandages politiques précèdent largement les votes formels, et les équilibres nationaux pèsent lourd. Ce sont ces tractations qui occuperont les prochaines semaines.

Trois questions structureront le débat. Premièrement, le profil : un économiste issu du sérail monétaire, ou une personnalité politique rompue aux arbitrages, comme l'était Mme Lagarde ? Deuxièmement, la nationalité : l'Europe du Nord et l'Europe du Sud ne tireront pas dans le même sens, et les petits pays réclament souvent leur tour face aux grands. Troisièmement, la ligne de politique monétaire : le prochain mandat s'ouvrira dans un environnement où il faudra concilier maîtrise de l'inflation, soutien à la croissance et stabilité financière.

Ce qu'il faut retenir

Le départ annoncé de Christine Lagarde ouvre une séquence politique et économique de premier plan pour la zone euro. Les faits confirmés se limitent, à ce stade, à la date du 7 février 2027 et à la source officielle qui l'établit. Le reste, du nom du successeur à la ligne qu'il suivra, reste à écrire. Dans l'intervalle, la banque devra continuer à naviguer entre une énergie volatile, des tensions géopolitiques persistantes et un secteur bancaire dont les résultats, de Madrid à Barcelone, rappellent à quel point chaque décision de taux se répercute sur l'économie réelle. Cet article sera complété dès que le contenu intégral du communiqué et les premières réactions officielles pourront être vérifiés.