Bas-Saint-Laurent

Rimouski demande l'aide de Québec pour renforcer sa résilience économique

La Ville de Rimouski sollicite une aide financière du gouvernement du Québec pour consolider la vitalité de son territoire. La demande s'inscrit dans un contexte politique en pleine recomposition dans la région.

Rimouski demande l'aide de Québec pour renforcer sa résilience économique

La Ville de Rimouski a déposé une demande d'aide financière auprès de Québec afin de renforcer la « résilience » et la « vitalité économique » de son territoire, rapporte le Journal Le Soir. Le dossier, en apparence technique, arrive à un moment particulier : un nouveau gouvernement vient d'être élu, et les élus de la région cherchent déjà à faire entendre leurs priorités.

Une précision s'impose d'emblée. Les informations publiquement disponibles au moment de rédiger cet article restent succinctes : on connaît la démarche et son objectif général, mais ni le montant demandé, ni le programme gouvernemental visé, ni le détail des projets qui seraient financés n'ont été rendus publics dans les textes consultés. Cet article fait donc le point sur ce que l'on sait, et sur le contexte dans lequel s'inscrit la requête, sans prêter à la Ville des intentions qu'elle n'a pas exprimées.

Ce que demande Rimouski

Selon le Journal Le Soir, la Ville de Rimouski sollicite le gouvernement du Québec pour soutenir la capacité de son territoire à absorber les chocs économiques et à se développer durablement. Le vocabulaire employé, « résilience » et « vitalité », est devenu courant dans le monde municipal. Il recouvre généralement trois grands chantiers : le soutien aux entreprises existantes, l'attraction de nouveaux investissements et de nouveaux travailleurs, et la préparation des infrastructures et des terrains nécessaires à la croissance.

Rimouski occupe une position particulière dans l'Est du Québec. Plus grande ville du Bas-Saint-Laurent, elle joue le rôle de pôle de services pour un vaste territoire : santé, enseignement supérieur avec la présence de l'Université du Québec à Rimouski, services gouvernementaux, commerce et recherche liée au milieu maritime. Cette fonction de centre régional fait de son économie un baromètre pour l'ensemble de la région, mais lui impose aussi des responsabilités que les villes plus petites n'ont pas : maintenir des équipements et des services qui bénéficient à des résidents de municipalités voisines.

Un contexte politique en mouvement

La demande tombe en pleine transition politique. D'après Mon Témiscouata, la Coalition avenir Québec a connu une défaite écrasante aux élections provinciales, la cheffe Christine Fréchette a annoncé sa démission, et l'ancien député de Chapleau Mathieu Lévesque a été nommé chef par intérim. Le Journal Le Soir parle pour sa part de l'arrivée d'un gouvernement péquiste.

Dans ce nouveau paysage, les municipalités se positionnent. La mairesse d'Amqui, Sylvie Blanchette, a ainsi présenté au Journal Le Soir les dossiers prioritaires qu'elle espère voir aboutir avec le nouveau gouvernement. Le geste de Rimouski s'inscrit dans cette logique : faire connaître tôt ses besoins à une administration qui s'installe et qui devra établir ses propres priorités budgétaires.

Ce calendrier a une portée concrète. Un gouvernement nouvellement élu dispose généralement d'une marge de manœuvre pour réorienter des programmes, mais il hérite aussi de choix budgétaires déjà engagés. Les demandes déposées en début de mandat peuvent donc trouver une oreille attentive, ou se heurter à un exercice de révision des dépenses. Rien, dans les textes consultés, ne permet de prédire l'issue de la requête rimouskoise.

Les élus régionaux au rendez-vous

La semaine s'annonce d'ailleurs chargée sur le plan de la représentation régionale. Le Journal l'Horizon indique que le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, est attendu dans le Bas-Saint-Laurent le lundi 19 octobre pour son Rendez-vous du président, une rencontre destinée à discuter des dossiers d'actualité régionale avec les élus locaux. Il y rencontrera notamment Chantale Lavoie, selon le texte du journal.

Ce type de rencontre sert de caisse de résonance : les préoccupations des municipalités, financement des infrastructures, développement économique, adaptation aux changements climatiques, y sont consignées puis relayées auprès du gouvernement. Que la demande de Rimouski et la visite du président de la FQM se produisent à quelques jours d'intervalle est une coïncidence de calendrier, mais elle illustre bien le moment : les acteurs municipaux de la région cherchent à se coordonner au moment où l'interlocuteur gouvernemental change.

Ce que la vitalité économique recouvre sur le terrain

Pour comprendre l'enjeu, il faut regarder ce qui fait, concrètement, la vitalité d'un territoire comme le Bas-Saint-Laurent. L'actualité régionale récente en offre quelques illustrations.

Dans l'agriculture et la transformation, Radio-Canada rapporte que le milieu acéricole régional adopte la technologie pour réaliser des gains de productivité et pallier la pénurie de main-d'œuvre. À Amqui, selon le Journal Le Soir, les frères Olivier et François Bélanger voient enfin se concrétiser, après six ans d'attente, leur projet d'érablière. Les deux exemples montrent à la fois le dynamisme entrepreneurial et la lenteur de certains processus, qu'ils soient administratifs, financiers ou liés aux autorisations.

Dans le commerce de proximité, Infodimanche relate que la première saison du Marché public de Rivière-du-Loup, déménagé sur la rue du Rocher et passé sous gestion municipale après la dissolution du Marché public Lafontaine, a porté ses fruits. L'exemple est instructif : un équipement collectif repris en main par une municipalité peut devenir un levier pour les producteurs locaux et pour l'animation du centre-ville.

Dans le tissu social et économique plus large, des initiatives comme le 5 à 7 organisé au profit de l'Association du cancer à la nouvelle usine Miralis de Saint-Anaclet-de-Lessard, que présente le Journal l'Horizon, rappellent que les entreprises régionales sont aussi des acteurs de la vie communautaire. Elles contribuent à la cohésion d'un territoire, autre composante de sa résilience.

Pourquoi la main-d'œuvre est au cœur du problème

Le fil conducteur de ces exemples, c'est la main-d'œuvre. La pénurie de travailleurs, mentionnée explicitement dans le dossier acéricole, touche l'ensemble des régions éloignées des grands centres. Elle pousse les entreprises à automatiser, à repenser leurs processus et à rechercher de nouveaux bassins de recrutement, y compris auprès des travailleurs étrangers et des personnes de 50 ans et plus, que cherchent par ailleurs à rejoindre des organismes comme l'ADAUQAR dans leurs activités de planification financière.

Pour une ville comme Rimouski, la vitalité économique passe donc par des conditions d'accueil : logement, services de garde, transport, culture et loisirs. La création, à l'automne, d'un nouveau circuit de volleyball masculin régional dont le coup d'envoi est prévu le 24 octobre à Rimouski, selon Infodimanche, relève de cette même logique d'attractivité : une région qui offre une vie sportive et culturelle riche retient mieux ses habitants et en attire de nouveaux.

Un enjeu de long terme, dont les contours restent à préciser

La résilience économique ne se résume pas à une enveloppe ponctuelle. Elle suppose de diversifier les secteurs, de soutenir l'innovation et de préparer le territoire aux aléas, qu'ils soient économiques, démographiques ou climatiques. Ce dernier volet a d'ailleurs fait l'objet d'une démarche concertée dans la région voisine de La Matapédia, où une quarantaine d'acteurs municipaux, communautaires, forestiers et de la santé se sont réunis à Amqui autour d'un plan climat, d'après le Journal Le Soir. Il illustre une tendance : les territoires cherchent à croiser développement économique et adaptation, plutôt qu'à les traiter séparément.

Pour Rimouski, l'enjeu sera de préciser ce qu'elle entend faire de l'aide demandée et d'en démontrer les retombées. Plusieurs questions restent ouvertes : à combien s'élève la demande, à quel programme elle s'adresse, quels projets seraient financés, et quel échéancier la Ville envisage. Les réponses permettront de juger si la démarche relève d'un simple dépôt de priorités ou d'un plan structuré de relance.

En attendant, le geste de la Ville a une valeur politique en soi. Il signale que Rimouski entend peser dans la discussion avec un gouvernement tout juste installé, au moment où les orientations budgétaires et régionales sont encore à définir. La suite dépendra de la réponse de Québec, et de la capacité de la Ville à transformer une demande de principe en projets concrets, mesurables et soutenus par les acteurs économiques de la région.