Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

Samuel Parisé quitte la préfecture du Rocher-Percé : un départ qui rouvre la question de la relève municipale

Le préfet de la MRC du Rocher-Percé, Samuel Parisé, quittera ses fonctions le 22 octobre pour des raisons personnelles et familiales. Son départ survient dans une région où plusieurs dossiers municipaux pressent.

Samuel Parisé quitte la préfecture du Rocher-Percé : un départ qui rouvre la question de la relève municipale

Le préfet de la MRC du Rocher-Percé, Samuel Parisé, a annoncé qu’il quittera ses fonctions le 22 octobre prochain. Dans un communiqué rendu public, il invoque des raisons personnelles et familiales. Radio-Canada a rapporté la nouvelle et s’est entretenu avec lui à l’émission Plein phare, où il a tiré un trait sur son mandat. L’annonce, sobre, laisse pourtant plusieurs questions ouvertes sur la suite, notamment sur la manière dont la MRC choisira son prochain porte-parole.

Ce que l’on sait du départ

Les faits connus tiennent en peu de lignes. Samuel Parisé met fin à son mandat de préfet à une date précise, le 22 octobre. Il explique sa décision par des raisons personnelles et familiales, sans évoquer de conflit au sein du conseil des maires ni de désaccord sur un dossier particulier. Radio-Canada rappelle qu’il avait été élu alors qu’il représentait une nouvelle génération en politique municipale.

Ce détail compte. L’arrivée de maires et de préfets plus jeunes a souvent été présentée, dans les régions du Québec, comme un signe de renouvellement. Mais ces fonctions exigent beaucoup : réunions nombreuses, déplacements sur un territoire étendu, négociations avec Québec, gestion de dossiers de développement économique et d’aménagement du territoire. Pour une personne qui concilie ce rôle avec une vie familiale, la charge peut devenir difficile à soutenir. Le communiqué n’en dit pas davantage, et il serait hasardeux de prêter à M. Parisé des motifs qu’il n’a pas exprimés.

Comment la MRC désignera son prochain préfet

La question de la relève découle directement du mode de désignation du préfet. Dans la plupart des MRC du Québec, le préfet est un maire choisi par ses pairs au sein du conseil des maires, plutôt qu’élu directement par la population. Dans certaines MRC, il peut aussi être élu au suffrage universel, mais cette formule est minoritaire. Selon le fonctionnement habituel, lorsque le poste devient vacant, le conseil des maires procède à une nouvelle élection parmi ses membres. Nous n’avons toutefois pas pu confirmer, dans les articles consultés, les modalités précises qui s’appliqueront au Rocher-Percé ni le calendrier du scrutin interne. Il faudra attendre les communications officielles de la MRC.

Le territoire du Rocher-Percé regroupe notamment Percé, Gaspé et Chandler, des municipalités aux réalités très différentes. La personne qui prendra la relève devra donc composer avec des intérêts parfois divergents : la vocation touristique de Percé, le rôle de pôle régional de Gaspé, la réalité industrielle et de service de Chandler. Un préfet, dans ce contexte, agit moins comme un chef que comme un arbitre et un porte-voix.

Un territoire aux dossiers chargés

Le départ survient dans un contexte où plusieurs dossiers municipaux touchent directement la région. À Percé, Radio-Canada rapporte que la municipalité veut adopter un nouveau règlement pour restreindre le nombre de résidences touristiques sur la majeure partie de son territoire. Le sujet est sensible : l’hébergement de courte durée attire les visiteurs et procure des revenus à des propriétaires, mais il réduit aussi l’offre de logements pour les résidents à l’année et les travailleurs saisonniers. Les MRC ont un rôle de coordination en matière d’aménagement, et ce type de débat se retrouve souvent sur leur table.

À l’échelle de la péninsule, d’autres nouvelles rappellent la fragilité de certains services de proximité. À Murdochville, la fermeture prévue de la résidence Aventure, seule résidence privée pour aînés de la municipalité, a suscité des inquiétudes. Radio-Canada indique qu’un éventuel report permettrait aux locataires de partir seulement le 30 juin. Murdochville ne fait pas partie de la MRC du Rocher-Percé, mais l’épisode illustre une réalité commune aux petites collectivités gaspésiennes : le maintien des services aux aînés dépend de quelques établissements, et la perte d’un seul peut forcer des déracinements.

Un autre dossier, d’ordre éthique, a aussi fait les manchettes dans la région voisine de la Matapédia et de la Restigouche : Radio-Canada rapporte que l’élu Jean-Marie St-Onge a plaidé coupable d’avoir prélevé du mazout dans un réservoir municipal, une suspension de 80 jours étant recommandée. L’élu affirme avoir voulu rendre service. Sans lien avec le départ de M. Parisé, ce cas rappelle que la gouvernance municipale se joue aussi sur la confiance et le respect des règles, un enjeu constant pour les institutions locales.

Pourquoi un départ de préfet compte

Le préfet d’une MRC ne détient pas le pouvoir d’un maire de grande ville, mais son influence est réelle. Il préside le conseil des maires, représente le territoire auprès du gouvernement et des organismes régionaux, et porte les demandes de la MRC dans les dossiers de transport, de développement économique, de gestion des matières résiduelles ou de logement. Un changement à ce poste, surtout en cours de mandat, peut ralentir certains dossiers le temps que la transition s’opère.

Le moment choisi, un départ annoncé avec quelques semaines de préavis, laisse toutefois une marge de manœuvre au conseil des maires pour organiser une succession ordonnée. C’est un point positif : une démission annoncée à l’avance est généralement moins déstabilisante qu’un départ soudain. La date du 22 octobre fixe un cadre clair, et la MRC aura le temps de préparer la désignation du successeur.

La question de la relève en politique municipale

Au-delà du cas du Rocher-Percé, ce départ nourrit une réflexion plus large sur la rétention des élus municipaux, en particulier des plus jeunes. La conciliation entre responsabilités politiques, emploi et vie de famille est un défi souvent évoqué en région, où les distances allongent les journées et où la rémunération ne compense pas toujours la charge de travail. Nous n’avons pas trouvé, dans les sources consultées, de données officielles récentes qui permettraient de chiffrer précisément les démissions d’élus municipaux dans la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, et nous préférons ne pas avancer de statistiques que nous ne pourrions pas vérifier.

Ce que l’on peut dire, en revanche, c’est que le choix de M. Parisé, motivé par des raisons familiales, s’inscrit dans une tendance plus générale qui incite à repenser les conditions d’exercice de la fonction d’élu local : horaires, soutien administratif, rémunération, partage des tâches. Le sujet dépasse largement la Gaspésie, mais il se vit avec une acuité particulière dans les territoires peu densément peuplés.

Ce qu’il faut surveiller

Plusieurs éléments seront à suivre dans les prochaines semaines. D’abord, la procédure de désignation du prochain préfet et le nom des maires qui se porteront candidats. Ensuite, les priorités que le futur préfet affichera, notamment sur l’aménagement du territoire et l’encadrement de l’hébergement touristique, un enjeu déjà débattu à Percé. Enfin, la manière dont la MRC communiquera sur la transition, afin d’assurer la continuité des dossiers en cours.

Pour l’heure, Samuel Parisé reste en poste jusqu’au 22 octobre. Les explications fournies par le principal intéressé demeurent brèves, et c’est son droit. Le conseil des maires, lui, aura la responsabilité de montrer que le Rocher-Percé peut traverser ce changement sans perdre le fil de ses dossiers.