Deux assemblées publiques, tenues les 6 et 8 octobre, ont lancé un dossier délicat pour les familles anglophones de Laval : la Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier (CSSWL) propose de fermer une école afin d'alléger une dette de 7,5 M$, et de remanier ses aires de desserte. Faute de pouvoir consulter l'ensemble des documents de la commission, cet article s'en tient à ce qui est établi et signale clairement ce qui ne l'est pas encore.
Ce que l'on sait
Selon Courrier Laval, les deux rencontres se sont déroulées à l'école Laval Junior Academy, dans Chomedey. Le conseil des commissaires y a présenté des scénarios de remaniement des aires de desserte et de l'utilisation des bâtiments scolaires de la CSSWL sur le territoire lavallois.
Ces scénarios reposent, toujours d'après Courrier Laval, sur des analyses portant sur l'évolution des inscriptions et sur la capacité des immeubles. C'est de cette lecture que ressort la proposition de fermer un établissement, présentée comme un moyen de réduire une dette évaluée à 7,5 M$.
Ces éléments forment le socle du dossier. Pour le reste, y compris l'identité de l'école visée, l'échéancier et les montants économisés par scénario, vous devrez vous référer aux documents publiés par la commission scolaire ou à l'article complet de Courrier Laval, que je n'ai pas pu consulter dans son intégralité.
Pourquoi une fermeture d'école est toujours un choc
Quand une commission scolaire met une fermeture sur la table, la logique comptable se heurte presque toujours à une logique de proximité. Une école de quartier sert aussi de lieu de rassemblement, de repère pour les familles et, parfois, d'ancrage pour une communauté linguistique minoritaire.
Le cas d'un réseau scolaire anglophone est particulier : les écoles y desservent souvent un territoire beaucoup plus vaste que celui d'un réseau francophone, puisque les élèves viennent de plusieurs quartiers, voire de plusieurs villes. Fermer ou regrouper des bâtiments peut donc allonger sensiblement les trajets quotidiens, un point que les parents soulèvent habituellement lors de ce type de consultation. Il s'agit d'une tendance générale, et non d'un constat propre à ce dossier : je n'ai pas vu les réactions recueillies lors des assemblées des 6 et 8 octobre.
Les arguments en présence
Du côté de l'administration, la démarche s'appuie sur des chiffres : inscriptions, capacité d'accueil, état des bâtiments. Entretenir des immeubles sous-utilisés coûte cher, et une dette de 7,5 M$ est un poids que la commission cherche à réduire plutôt qu'à reporter.
Du côté des familles et des enseignants, les questions se déclinent généralement ainsi :
- Les projections d'inscriptions sont-elles fiables, et sur quelle période ?
- Quelles solutions de rechange à la fermeture ont été étudiées : regroupement de cycles, location de locaux, partage d'immeubles ?
- Comment seront accompagnés les élèves en difficulté et les services spécialisés lors d'un changement d'école ?
- Quelle part de la dette provient de décisions passées, et quelle part de facteurs que la commission ne contrôle pas ?
Aucune de ces questions ne reçoit ici de réponse chiffrée : elles relèvent de la suite de la consultation.
Ce qui reste à surveiller
Les assemblées des 6 et 8 octobre représentent une étape de consultation, non une décision finale. La suite dépendra de la manière dont le conseil des commissaires tiendra compte des commentaires reçus, du calendrier qu'il se donne et de la scénarisation retenue pour les aires de desserte.
Pour les parents lavallois concernés, trois repères pratiques s'imposent. Consultez les documents de la commission scolaire pour connaître le scénario précis qui touche votre école. Vérifiez les dates des prochaines rencontres ou de la période de commentaires. Et, si le calendrier le permet, faites part de vos préoccupations avant l'adoption d'une version définitive.
Un dossier à suivre sur le terrain
Le dossier de la CSSWL s'inscrit dans l'actualité locale lavalloise, où se côtoient des enjeux très divers : mobilisation des organismes communautaires, information juridique sur le logement et l'itinérance, ou encore le salon sur le trouble développemental du langage que l'association Dysphasieplus tiendra le 24 octobre au Pavillon Bois-Papineau, comme le rapportent Courrier Laval et Média Laval. Ces nouvelles rappellent que la qualité des services de proximité, à l'école comme ailleurs, demeure au cœur des préoccupations des Lavallois.
Pour l'instant, l'essentiel tient en peu de mots : une dette de 7,5 M$, une école possiblement fermée, des aires de desserte à redessiner et une consultation qui ne fait que commencer. Les détails, notamment le nom de l'établissement et le calendrier, seront déterminants, et c'est à leur lumière que les familles pourront juger du bien-fondé de la proposition.
