Abitibi-Témiscamingue

Transport actif à Amos : un million de dollars pour rendre la ville plus facile à parcourir à pied et à vélo

La Ville d'Amos souhaite investir 1 M$ pour faciliter le transport actif. Un geste qui s'inscrit dans une région où les distances, le climat et la faune pèsent sur chaque déplacement.

Transport actif à Amos : un million de dollars pour rendre la ville plus facile à parcourir à pied et à vélo

La Ville d'Amos prévoit d'investir 1 M$ pour améliorer et faciliter le transport actif, c'est-à-dire les déplacements à pied, à vélo ou par tout autre moyen reposant sur l'effort physique. L'information a été rapportée par Radio-Canada, qui précise que la municipalité « poursuit ses efforts » pour faciliter l'accès au transport actif à ses citoyens. Le mot « poursuit » compte : il signale que ce million s'ajoute à une démarche déjà amorcée, et non à un virage soudain.

Ce que l'on sait, et ce que l'on ne sait pas encore

Soyons clairs sur les limites de l'information disponible. Le texte de Radio-Canada, tel qu'il est résumé dans le fil d'actualité, établit trois choses : le montant visé (1 M$), l'objectif (améliorer et faciliter le transport actif) et le fait qu'il s'agit d'un prolongement d'efforts antérieurs. Les détails concrets, comme les tronçons visés, le calendrier des travaux, la part financée par la Ville ou par des programmes de subvention, ne sont pas établis dans les éléments que nous avons pu recouper. Nous ne les présumons pas.

Cette prudence n'est pas qu'une formalité. Un million de dollars peut recouvrir des réalités très différentes : quelques kilomètres de piste cyclable neuve, la réfection de trottoirs, l'ajout de traverses sécuritaires, de l'éclairage, de la signalisation ou des supports à vélos. C'est le contenu précis du plan, et non le chiffre, qui permettra de juger de son effet réel sur la vie quotidienne des Amossois.

Pourquoi le transport actif compte dans une ville de cette taille

Dans une municipalité de taille moyenne comme Amos, le transport actif répond à une logique différente de celle des grandes villes. Là où les métropoles misent sur le transport actif pour désengorger les artères, une ville régionale y voit surtout une question de sécurité, de qualité de vie et d'accessibilité : permettre à un enfant de se rendre à l'école à vélo, à une personne âgée de faire ses courses à pied, à un résident sans voiture de se déplacer sans dépendre d'autrui.

Les distances plus courtes du centre-ville rendent ces déplacements plausibles, à condition que les infrastructures suivent. Un trottoir discontinu, une intersection dangereuse ou l'absence de voie dédiée suffisent à décourager la marche ou le vélo, même sur de courts trajets. C'est précisément le type de frein que ce genre d'investissement cherche habituellement à lever.

Un contexte régional exigeant : climat, faune et routes

Il faut aussi regarder le décor dans lequel s'inscrit ce projet. L'Abitibi-Témiscamingue est une région où l'hiver est long et rigoureux, ce qui pose une question que tout aménagement de transport actif doit affronter : sera-t-il utilisable et entretenu toute l'année, ou seulement durant la belle saison ? Un réseau cyclable déneigé et des trottoirs praticables en hiver changent la donne par rapport à des infrastructures pensées pour quatre mois d'usage.

La cohabitation avec la faune est un autre trait régional. Radio-Canada rappelait récemment, dans un autre reportage, que les automobilistes de l'Abitibi-Témiscamingue doivent redoubler de prudence sur les routes en octobre et en novembre en raison de la grande faune, notamment l'orignal. Ce rappel concerne d'abord les routes interurbaines, pas les rues d'Amos. Il illustre toutefois une réalité du territoire : la proximité entre milieu urbain et milieu naturel est étroite, et la sécurité des déplacements, qu'ils soient motorisés ou non, y dépend de conditions que les grandes villes ne connaissent pas.

Un goût déjà présent pour le plein air

La démarche de la Ville s'inscrit aussi dans une culture locale du plein air. Radio-Canada rapportait en fin de semaine qu'une course en sentiers tenue à la forêt récréative du Camp Dudemaine, à Amos, avait rassemblé des coureurs de tous âges pour soutenir le sport-études. Cet événement ne relève pas du transport actif au sens strict, puisqu'il s'agit de loisir et de sport, mais il témoigne d'un attachement des résidents aux déplacements sous la seule force de leurs jambes et à l'usage des espaces extérieurs.

La distinction mérite d'être faite : un sentier récréatif sert à se divertir ou à s'entraîner, tandis qu'une infrastructure de transport actif sert à se rendre quelque part, au travail, à l'école, au commerce. Les deux se nourrissent pourtant. Une population habituée à marcher, courir ou pédaler pour le plaisir est plus susceptible d'adopter ces gestes au quotidien si les aménagements s'y prêtent.

Ce que cet investissement pourrait changer

Si le plan se concrétise comme annoncé, les effets attendus d'un tel investissement sont généralement de trois ordres. D'abord, la sécurité : des aménagements mieux conçus réduisent les risques de conflit entre piétons, cyclistes et automobilistes. Ensuite, l'accessibilité : un réseau continu et bien entretenu élargit les options de déplacement pour ceux qui n'ont pas de voiture ou préfèrent ne pas l'utiliser. Enfin, la qualité de vie et l'attractivité : une ville où il fait bon marcher et pédaler retient et attire des résidents.

Ces bénéfices ne sont toutefois pas automatiques. Ils dépendent de la qualité de la conception, de la continuité du réseau, de l'entretien hivernal et de l'adhésion de la population. Un million de dollars constitue une somme significative à l'échelle d'une municipalité de cette taille, mais il ne vaut que par l'usage qui en sera fait.

Les questions qui restent à poser

Pour mesurer la portée réelle de l'annonce, plusieurs questions demeurent ouvertes. Quels secteurs de la ville seront desservis en priorité ? Les travaux relieront-ils des pôles importants comme les écoles, le centre-ville et les services de santé ? Quelle part du financement proviendra de la Ville et quelle part d'éventuelles aides externes ? Comment l'entretien hivernal sera-t-il assuré ? Et surtout, comment la Ville évaluera-t-elle les résultats, par exemple par des comptages d'usagers ou des relevés de sécurité ?

Ce sont ces réponses, et non le seul montant, qui détermineront si ce million fait réellement d'Amos une ville plus facile à parcourir sans voiture. Nous suivrons le dossier à mesure que les détails seront rendus publics.