Mauricie

Tunnel Saint-Maurice à Trois-Rivières : dix mois de fermeture, puis une réouverture sous surveillance

Fermé depuis janvier, le tunnel du boulevard du Saint-Maurice rouvrira le 9 novembre. La structure est jugée sécuritaire, mais les murs de soutènement devront être réparés plus tard.

Tunnel Saint-Maurice à Trois-Rivières : dix mois de fermeture, puis une réouverture sous surveillance

Après près de dix mois de barrières et de détours, le passage sous la voie ferrée du boulevard du Saint-Maurice, à Trois-Rivières, doit retrouver ses usagers le 9 novembre. La bonne nouvelle est réelle, mais elle ne règle pas le fond du problème : le tunnel rouvre, les réparations restent à faire.

Ce qui a été annoncé

Selon Le Nouvelliste, le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, a fait l'annonce mardi soir à la séance du conseil municipal. Il a reconnu qu'il y avait encore du nettoyage à faire, mais que automobilistes, cyclistes et piétons pourraient emprunter le tunnel à la date prévue. Le quotidien précise que l'ouverture était attendue depuis déjà quelques semaines et que, cette fois, la date semble la bonne.

Les règles de circulation ne changent pas par rapport à l'avant-fermeture. Le Nouvelliste indique que la circulation se fera à sens unique en direction ouest. L'Hebdo Journal parle pour sa part d'une direction « vers le nord » : la formulation diffère d'un média à l'autre, et la signalisation sur place fera foi. Le porte-parole de la Ville, Mikaël Morrissette, a précisé par courriel que le trottoir demeurera fermé et que des bollards seront installés pour délimiter le corridor de transport actif.

Une fermeture décidée en janvier

Le 19 janvier 2026, la Ville avait fermé complètement le tunnel, pour une durée indéterminée. Selon Radio-Canada, une inspection récente avait montré que la dégradation des murs de soutènement était plus avancée que prévu. Le porte-parole municipal évoquait alors du mouvement dans ces murs, donc un risque d'effondrement. Des murets de béton et des clôtures avaient été installés aux deux extrémités.

Le communiqué de la Ville expliquait que la propriété de l'ouvrage est partagée. Chemins de fer Québec-Gatineau possède les voies ferrées qui passent au-dessus, tandis que la Ville est notamment responsable des trottoirs et des murs de soutènement, là où la dégradation avait été observée. Cette répartition des rôles n'est pas un détail : toute intervention doit être coordonnée avec la compagnie ferroviaire et faire l'objet des autorisations nécessaires.

Le tunnel relie le centre-ville au quartier Saint-Sacrement, et Radio-Canada mentionne aussi le quartier Sainte-Cécile. En voiture, le détour était supportable. Pour les piétons et les cyclistes, il était beaucoup plus lourd, comme le soulignait à l'époque Jean-François Comeau, le citoyen à l'origine d'une pétition sur le sujet.

Moins grave que craint, mais pas réglé

Le dossier a pris un tour plus rassurant durant l'été. L'Hebdo Journal rapportait alors que, selon le maire, les études et l'examen de sécurité révélaient une dégradation « plus en surface » qu'anticipé. M. Aubin disait que la structure était bonne, mais qu'une réfection s'imposait quand même. Il ajoutait qu'on pourrait rouvrir avant de refermer temporairement pour effectuer les travaux.

La réouverture s'appuie désormais sur un document précis. Le Nouvelliste cite la Ville : une firme de génie a produit un rapport à la suite de l'inspection, et ce rapport confirme que le tunnel peut rouvrir de manière sécuritaire. Un appel d'offres avait été lancé en début d'année pour réaliser cette expertise. Le contenu détaillé du rapport n'a pas été rendu public dans les articles consultés.

Plus important encore, la Ville ne prétend pas que le problème est derrière elle. Mikaël Morrissette a indiqué que la réouverture n'empêche pas la surveillance de l'infrastructure. Il a ajouté qu'une intervention devrait être réalisée ultérieurement et que la Ville évalue le démarrage d'un avant-projet pour d'éventuels travaux de construction, dont les détails restent à préciser. Aucun calendrier ni aucun budget n'ont été communiqués. L'Hebdo Journal rapporte que les travaux seront réalisés graduellement pour consolider les murs de soutènement.

Un ouvrage vieillissant, un dossier qui traîne

Pour comprendre pourquoi cette réouverture ressemble davantage à une pause qu'à une conclusion, il faut regarder en arrière. Selon la Ville, citée par Le Nouvelliste en 2024, le tunnel a été construit en 1928 et n'a fait l'objet d'aucune réparation majeure depuis les années 1990.

L'apparence des lieux inquiète d'ailleurs depuis longtemps. Dès 2014, Le Nouvelliste constatait que le béton s'effritait, que le garde-corps était rouillé et que des plantes poussaient à travers la structure. La Ville assurait alors que l'ouvrage restait sécuritaire, et les trois entités chargées de l'inspecter, dont le ministère des Transports, concluaient qu'il était en très bon état malgré son allure défraîchie. Le dossier illustre bien la difficulté de distinguer un ouvrage laid d'un ouvrage dangereux.

En mai 2024, la Ville a changé la donne. Face à des dégradations jugées majeures, elle a retiré une voie de circulation, fermé le trottoir et aménagé une zone mixte pour vélos et piétons, un projet pilote de 15 000 $ selon L'Hebdo Journal. Ce document indiquait aussi que 490 véhicules par jour circulaient alors vers l'est et 940 vers l'ouest, des chiffres qui donnent la mesure de l'achalandage automobile. À l'époque, la Ville disait attendre l'évaluation d'un projet de réfection majeure par Chemins de fer Québec-Gatineau, sans échéancier.

En mai 2025, un citoyen a lancé une pétition. Le Nouvelliste décrivait un trottoir condamné et un garde-corps non conforme. Radio-Canada rapportait que quelque 320 personnes avaient signé et que cette mobilisation avait accéléré les choses, la compagnie ferroviaire se disant ouverte à la discussion en deux jours ouvrables. La Ville avait ensuite annoncé des améliorations de la surface de roulement, de la séparation des voies et de l'éclairage pour l'été 2025, en précisant qu'une réfection plus complète devrait attendre.

Ce que la réouverture change, et ce qu'elle laisse en suspens

À court terme, la réponse est simple : un lien direct est rétabli entre le centre-ville et Saint-Sacrement, et les détours imposés depuis janvier prennent fin. Les cyclistes et les piétons retrouvent un corridor protégé par des bollards, même si le trottoir demeure fermé. Dans les secteurs concernés, le soulagement sera concret dès lundi.

À moyen terme, plusieurs inconnues subsistent :

  • La nature des travaux à venir. La Ville parle d'un avant-projet à évaluer, sans en préciser la portée.
  • Les fermetures futures. Le maire avait lui-même évoqué en été une fermeture temporaire pour réaliser les réparations. Il faudra voir si la Ville annoncera cette fois un calendrier à l'avance.
  • Le partage des coûts. Avec une infrastructure à propriété partagée, la répartition des responsabilités entre la Ville et Chemins de fer Québec-Gatineau reste un enjeu à clarifier, même si aucune entente financière n'a été rendue publique.
  • Le trottoir. Sa réfection exigeait déjà l'autorisation du chemin de fer en 2025, et il reste fermé.

La séquence compte aussi pour la méthode. Entre un diagnostic initial alarmant en janvier et un rapport d'ingénieurs qui autorise la réouverture en novembre, la Ville a choisi la prudence maximale avant d'obtenir une expertise détaillée. Cette approche a un coût pour les usagers, mais elle évite d'avoir à justifier une décision hâtive si les murs avaient réellement cédé. Reste que dix mois pour confirmer qu'un ouvrage peut servir, c'est long, et la Ville devra démontrer que les travaux de fond ne s'étireront pas aussi longtemps.

Pour les usagers

Le 9 novembre, le tunnel rouvre en sens unique, avec un corridor de transport actif séparé de la chaussée. Il est prudent de s'attendre à un chantier de nettoyage encore visible aux abords et de surveiller les communications de la Ville pour la suite. La réouverture est sécuritaire selon le rapport d'ingénierie invoqué par la Ville, mais elle s'accompagne d'une promesse de travaux dont personne ne connaît encore ni la date ni l'ampleur.