Laval

Refonte du réseau de la STL: l'ouest de Laval réclame des autobus plus directs et des lignes express

Lors de la consultation du 26 octobre à Laval-Ouest, les citoyens ont demandé des trajets plus courts, des lignes express et de meilleures liaisons est-ouest. La STL présentera un scénario de réseau au printemps 2027.

Refonte du réseau de la STL: l'ouest de Laval réclame des autobus plus directs et des lignes express

Fabreville, Sainte-Rose, Laval-Ouest, Sainte-Dorothée, Chomedey: à l'ouest de l'île Jésus, le message adressé à la Société de transport de Laval (STL) tient en peu de mots. Les gens veulent aller plus vite, plus directement, et pas seulement vers Montréal. Le 26 octobre, une trentaine de personnes ont fait valoir ce point de vue lors d'une soirée de consultation. Elle s'inscrivait dans une démarche qui doit déboucher sur une refonte complète du réseau d'autobus en 2028.

Ce qui s'est dit à Laval-Ouest

Selon le Courrier Laval, la rencontre s'est tenue au Centre Accès, boulevard Arthur-Sauvé. Les participants y ont planché sur trois thèmes: les forces et faiblesses du réseau actuel, la couverture et la connectivité vers les lieux d'intérêt, et les priorités pour le futur réseau.

La porte-parole de la STL, Anne-Sophie Harrois, en a résumé l'essentiel. D'après elle, les citoyens jugent que le réseau dessert relativement bien les déplacements vers Montréal. Il doit toutefois permettre de mieux circuler à l'intérieur de Laval, avec des trajets plus directs et moins longs.

Les priorités qui ressortent sont la réduction des temps de trajet, le développement de lignes express et l'amélioration des liaisons est-ouest et nord-sud, notamment depuis l'ouest et des quartiers comme Fabreville. Les participants ont aussi réclamé une meilleure connexion entre les quartiers, les grands pôles de transport (REM, métro, gares) et les pôles d'activités: hôpital, Centre de la nature, Centropolis, Carrefour Laval, écoles et espaces communautaires. Ils ont insisté sur les jeunes, qui devraient pouvoir adopter le transport collectif plus facilement et en garder l'habitude. Enfin, ils ont demandé qu'on tienne compte des personnes à mobilité réduite, des aînés et des personnes ayant des limitations fonctionnelles.

Un même refrain d'une soirée à l'autre

Ce constat n'est pas isolé. Lors de la première soirée, le 21 octobre au Collège Letendre, 30 citoyens et 24 observateurs avaient déjà participé aux discussions, rapporte le Courrier Laval. Les recommandations les plus populaires y étaient proches de celles de l'ouest: plus de fréquence sur des lignes plus directes, avec moins de correspondances, et une meilleure connectivité entre l'est et l'ouest, notamment dans les axes des boulevards de la Concorde et Notre-Dame. Les participants ont aussi demandé un meilleur cadencement, pour éviter que tous les autobus d'un même secteur passent presque en même temps.

Un citoyen cité par le journal a résumé le problème des correspondances: leur nombre allonge la durée totale du trajet et nuit à la ponctualité. Un autre a proposé à la STL d'imaginer le concept de la « ville en 30 minutes». D'autres participants ont relevé que les boulevards Curé-Labelle, Cartier et Sainte-Rose sont plutôt négligés par rapport au boulevard des Laurentides. Les quartiers industriels dispersés sur l'île Jésus ont aussi été mentionnés comme des secteurs mal desservis.

Une troisième soirée était prévue le 29 octobre à Duvernay, pour les secteurs de l'est.

Pourquoi refaire le réseau maintenant

La structure actuelle des lignes remonte à l'ouverture des stations de métro lavalloises en 2007. Le président du conseil d'administration de la STL, Pierre Brabant, a expliqué au Courrier Laval que l'évolution du territoire et la croissance urbaine poussent l'organisme à viser un réseau plus simple, plus fréquent et plus efficace.

Le maire Stéphane Boyer a avancé un argument de fond: les habitudes ont changé. Selon lui, davantage de Lavallois se déplacent désormais à l'intérieur de leur ville plutôt que vers Montréal. Il en a fait un engagement de campagne: demander à la STL de revoir l'ensemble des trajets, pour la première fois en près de 20 ans, afin qu'ils soient plus rapides et plus directs, avec une meilleure efficacité est-ouest.

Le réseau actuel, selon la STL, compte 50 lignes et quelque 2 700 arrêts, sur près de 1 500 kilomètres. La STL a fixé trois objectifs à sa refonte: rendre le réseau plus attractif et l'arrimer aux orientations métropolitaines, bonifier l'accès aux lieux d'activité dans une perspective d'équité sociale, et améliorer l'efficacité opérationnelle en tenant compte du cadre financier.

La consultation vise aussi les jeunes, qui représentent près de 60 % de la clientèle, a précisé la STL dans son communiqué relayé par Les Affaires. Ce détail éclaire la demande des participants de l'ouest, qui insistent sur les trajets vers les écoles et les pôles d'enseignement.

Ce que l'on sait des contraintes

Le désir d'express et de trajets directs se heurte à des réalités budgétaires. La STL le dit elle-même: la refonte devra respecter le cadre financier en place et les objectifs de l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM). Dans son budget 2026, la STL explique que le plan de l'ARTM prévoit des réductions de dépenses de 155 M$ pour l'ensemble des sociétés de transport de la région métropolitaine d'ici 2028. Elle y mentionne aussi le vieillissement du parc d'autobus, la hausse de l'absentéisme et la modernisation des systèmes informatiques.

Ce contexte n'est pas nouveau. Dans un reportage du Devoir sur l'équilibre précaire du transport collectif à Laval, la STL reconnaissait que l'offre de service avait diminué depuis 2019 et que l'achalandage n'avait pas retrouvé ses niveaux d'avant la pandémie. Le président de l'Association pour le transport en commun à Laval, Marc-Antoine Gauthier, y plaidait déjà pour des lignes express et un service « plus direct». À ses yeux, ajouter du service sur une ligne ne sert à rien si le trajet prend deux fois plus de temps qu'en voiture. Il y voyait aussi du potentiel pour du transport à la demande, comme les taxis collectifs d'Exo.

La démarche actuelle porte sur le réseau régulier d'autobus et de taxis collectifs. Le transport adapté et le transport scolaire intégré, qui suscitent de la grogne à Laval, en sont exclus, selon le Courrier Laval. La consultation a d'ailleurs été lancée alors que la suppression récente de circuits scolaires alimentait le mécontentement.

À Montréal, selon le journal Laval News, la Société de transport de Montréal a déjà commencé à rationaliser ses services, notamment en réduisant le nombre d'arrêts sur les lignes. M. Brabant a indiqué que la STL n'avait pas fait de même et n'entendait rien décider avant la fin de sa consultation. Il a aussi assuré qu'aucune décision n'était prise.

Le métro, la grande inconnue

La refonte des autobus se déroule en parallèle d'un autre dossier qui pourrait en modifier la logique: le prolongement de la ligne orange vers Chomedey. L'ARTM a lancé en juillet huit zones d'étude métropolitaines, dont la première, Chomedey–Saint-Laurent, couvre le territoire concerné. Selon des données préliminaires transmises par le cabinet du maire et rapportées par MCL Média Laval, le prolongement permettrait de déplacer 31 200 personnes supplémentaires à l'heure de pointe du matin. Il ramènerait aussi le trajet entre le Carrefour Laval et la station Côte-Vertu d'environ une heure à 14 minutes.

Ces chiffres restent préliminaires, et l'ARTM n'avait pas, dans les réponses citées par un internaute à une demande d'accès à l'information, de date de publication à fournir pour son rapport. Le projet reste aussi sans financement confirmé. L'ARTM reconnaît que le financement du transport collectif demeure un défi et veut des études prêtes quand les conditions le permettront.

Pour sa part, la Ville de Laval a mandaté la firme Systra Canada pour une étude d'achalandage complémentaire, entérinée par le conseil municipal le 6 octobre.

M. Brabant l'a dit lui-même au Courrier Laval: le jour où le prolongement se confirmera, le réseau d'autobus devra s'adapter à ces nouveaux points de convergence. Autrement dit, les lignes de l'ouest pourraient devoir être redessinées autour de futures stations de métro, ce qui complique l'exercice tant que le projet n'est pas tranché.

Et maintenant

Les données recueillies cet automne serviront à élaborer un scénario de réseau, qui sera présenté lors d'une phase d'information prévue au printemps 2027. Selon la STL, le déploiement est prévu à compter de l'été 2028.

Le défi sera de transformer des attentes claires en lignes concrètes. Des trajets plus courts et des express demandent des choix: moins d'arrêts, des correspondances mieux synchronisées, parfois des quartiers moins desservis en porte-à-porte. La participation reste aussi modeste, avec une trentaine de personnes par soirée, même si la STL propose un questionnaire, une carte interactive et une boîte à idées sur son site de consultation. Les usagers de l'ouest de Laval ont dit ce qu'ils attendent. Reste à voir, au printemps, ce que le scénario de la STL en retiendra.